Les Manières du Prophète pour Corriger les Erreurs des Gens

Comprendre la nature humaine avant de corriger l’erreur elle-même :

Il y a des fautes qui ne peuvent pas être supprimées car elles ont quelque chose à avoir avec la manière dont Allah crée les gens. Il est possible de les réduire un peu et les traiter avec une attitude extrême peut mener à un désastre. Tel est le cas de femmes. Le Prophète dit :

« La femme a été créée à partir d’une côte et elle ne réagira pas correctement envers vous. Si vous appréciez sa compagnie, il faut également faire avec sa fourberie. Si vous essayez de la rendre droite, alors vous la casserez et là est le divorce et sa fracture. »

Hadith rapporté par Muslim d’Abu Hurayrah, no. 1468.

D’après un autre commentaire, il est dit que :

« Soyez doux envers vos femmes, car elles ont été créées à partir d’une côte et la partie la plus tordue de sa côte est le haut. Si vous essayez de la rendre droite vous risquerez de la briser. par contre si vous la laisser comme elle est, elle restera tordue . Alors soyez doux envers vos femmes. »

Hadith rapporté par al-Bukhari d’après Abu Hurayrah, al-Fath, no. 5186.

Ibn Hajar nous dit :

« Les termes ’traiter les femmes avec gentillesse’ démontre qu’on peut rendre les femmes droites avec douceur. En effet si vous adoptez des attitudes extrêmes en essayant de la rendre droite, vous allez la briser et si vous la laisser comme elle est elle restera tordue. Ce que nous apprenons de ces commentaires est que nous ne devrions pas la laisser tordue si elle l’est plus que la norme, si elle a commis des pêchés ou qu‘elle a négligé ses devoirs. En d’autres termes, nous la laissons tordue seulement dans certains cas. Ce que nous apprenons des hadith, c’est que nous pouvons gagner l’amour et la confiance des gens en adoptant une attitude douce. On en retient aussi qu’on doit adopter une certaine fluidité dans notre comportement dans nos relations avec nos femmes mais aussi de supporter avec patience leur fourberie. Quiconque essaiera de les rendre droites ne fera bénéficier personne de son acte. Or un homme ne peut se passer du plaisir de vivre avec une femme ni de faire d’elle son support pour le restant de sa vie alors comme il a été dit : ’Vous ne pouvez pas apprécier leur compagnie à moins de les supporter avec leurs défauts qui leur sont inhérents.’ »

Fath, 9/954.

Faire une différence entre les erreurs qui transgressent les limites de l’Islam et celles qui affectent des gens autour seulement :

Puisque l’Islam est bien plus chère à nos yeux que notre propre être nous devons le défendre et nous devons nous mettre en colère pour le protéger plus que s’il s’agissait de nous-mêmes. Quelqu’un qui n’a pas de sentiment pour sa religion est celui qui s’énervera non quand on l’insultera mais quand on insultera sa religion. Ce qu’il pourrait faire au mieux, c’est de défendre de manière hésitante sa vocation et ainsi de démontrer une attitude embarrassée.

Le Prophète avait souvent l’habitude de pardonner quand il était question d’erreurs faites à l’issu de conversations avec lui, et en particulier avec les bédouins au coeur dur pour apaiser leur cœur. Al-Bukhari rapporta dans ses Sahih qu’Anas ibn Malik raconta :

« Je marchais avec le Messager d’Allah et il portait un manteau de Najrani avec un col rigide. Un bédouin vint le voir en le saisissant par le col du manteau, ce qui laissa une marque sur le cou du Prophète. Ce bédouin lui dit :’O Mohammed, donne moi un peu de ta richesse !’ Le Messager d’Allah se tourna vers lui et lui sourit, et il ordonna quelque chose. »

Al-Fath, 5809.

Mais si l’erreur avait eu quelque chose à avoir avec un domaine de la religion alors le Prophète se mettrait en colère au nom d’Allah. On donnera de exemples de ce fait ci-dessous.

On doit prendre en considération certains éléments quand on traite des erreurs des gens ; comme :

Faire une distinction entre les grosses erreurs et les bénignes comme l’Islam oppose les pêchés capitaux aux pêchés mineurs :

Faire une différence entre une personne qui agit pour la plupart du temps d’une bonne manière ; d’où son erreur sera plus facilement pardonnable que celui ou celle qui agit souvent mal :

Il est clair qu’il faudra plus s’occuper de celui qui a commis de mauvais actes et prendre des mesures urgentes et laisser pour plus tard celle ou celui qui a l’habitude de prendre la bonne voie.

Ceci arriva à al-Sidiq (Abu Bakr) comme le dit l’anecdote suivante :

Asma, la fille d’Abu Bakr dit :

“ Nous allâmes avec le Messager d’Allah comme pèlerins, et quand nous arrivâmes à al-‘Arj, le Messager d’Allah s’arrêta pour se reposer. ‘Aicha s’assit au côté du Messager d’Allah et je me suis assise à côté de mon père. L’animal sur lequel voyageait le Messager d’Allah et Abu Bakr était surveillé par un esclave d’Abu Bakr qui s’assit pour attendre que ce dernier les rattrapât. Or l’esclave arriva mais pas le chameau. Abu Bakr demanda à son esclave où était le chameau. L’esclave lui répondit qu’il l’avait perdu la veille. Alors Abu Bakr le frappa :

Un seul chameau et tu l’as perdu ?

Le Messager d’Allah ne fit ni plus ni moins que lui dire en souriant :

Regarde ce que ce muhrim (personne qui est dans un état impur en temps de hajj) est en train de faire.

Rapporté par Abu Dawoud dans ses Sunan, Kitab al-Manasik, bab al-Muhrim yu’adib ghulamuhu. Hadith classé comme hasan par al-Albani dans Sahih Sunan Abi Dawoud, no.1602.

Faire une distinction entre celui qui commet l’erreur à plusieurs reprises et celui qui la commet pour la première fois

Faire une distinction entre celui qui fait l’erreur fréquemment et celui qui en commet rarement

Faire une distinction entre celui qui omet ouvertement ses erreurs et celui qui les cache

Faire attention au fait qu’une personne ne soit pas encore intime avec l’Islam et par conséquent il faut essayer d’être moins sévère avec lui

Prendre en compte la situation d’autorité et le statut de quelqu’un

Les affirmations que nous avons mentionnées ci-dessous ne contredisent en rien ce qui a été dit auparavant.

Faire des reproches à un jeune enfant doit être fait en fonction de son âge :

Al-Bukhari rapporta que al-Hasan ibn Ali prit une datte donnée en charité et la mit dans sa bouche. Le Prophète lui dit en perse : ‘Kikh , kikh, ne sais-tu pas qu’on ne peut pas manger la sadaqah (donnée en charité) ?’

Fath, 3072.

Al-Tabarani rapporta de Zaynab bint Abi Salamah qu’elle entra chez le Messager d’Allah alors que ce dernier faisait le ghusl. Elle dit qu’il lui lança de l’eau à son visage et lui demanda de sortir :

‘Sors d’ici, idiote !’

Al-Mu’jam al-Jabir, 24/281.

Al-Haythamih dit que son isnad est hasan dans al-Majma’’, 1/269.

Donc il et clair qu’on ne peut pas se contenter de ne pas faire de reproches à un enfant sous prétexte qu’il est encore jeûne. En effet, en corrigeant ses erreurs on lui assure une bonne éducation. Ainsi en lui désignant les erreurs qu’il commet à son jeûne âge, cela lui permettra de les assimiler et d’en tenir compte pour son avenir. Le premier hadith montre comment un enfant peut craindre Allah et peut se restreindre et que le second hadith montre comment ils ont appris les bonnes manières, comment il a appris à demander la permission d’entrer et de se retenir de regarder le awrah (les parties qui doivent être couvertes) des autres.

Voici un autre exemple brillant qui illustre la correction des erreurs d’un jeune garçon Umar ibn Abi Salamah, ‘Al-Bukhari rapporta qu’il dit :

« J’étais un jeune garçon sous la garde du Messager d’Allah et j’avais l’habitude de mettre ma main un peu de partout dans l’assiette (aux heures de repas). Le Messager d’Allah me dit :’O Jeune garçon ! Dis Bismillah, mange avec la main droite et mange ce qu’il y a en face de toi.’ Cette remarque resta ma démarche pendant tout le reste de ma vie.

Al-Fath, no. 5376.

Il faut noter que quand le Prophète demanda au jeune garçon qui fit l’erreur de laisser sa main traîner dans l’assiette, il utilisa des mots concis, clairs, précis si bien qu’ils étaient accessibles à l’enfant afin qu’il s’en souvienne et qu’il les comprenne. D’ailleurs, l’effet de ce reproche dura l’espace de toute une vie. Il dit à ce sujet :

« Ceci devient ma manière de faire pour le reste de ma vie. »

Faire preuve de prudence quand on s’adresse à des femmes non mahram pour qu’elles ne prennent pas de travers le conseil et pour éviter la fitnah (la tentation, les problèmes).

Un jeune homme ne doit pas trouver comme excuse le fait de corriger des erreurs pour aller parler aux femmes. Combien de fois ceci a mené à des catastrophes ! Quand il est question de corriger les erreurs des femmes, on accorde un grand rôle aux ahl al-Hisbah (‘la police religieuse’) et aux personnes âgées. Une personne qui s’efforce de faire le bien et d’empêcher le mal doit agir en mesurant l’ampleur et les conséquences de ses reproches. S’il pense que ce sera du grand bénéfice, il aura tout intérêt à l’évoquer clairement. Sinon, il ferait mieux de s’abstenir quand il sait que des femmes qui ne savent pas peuvent faire de fausses accusations contre lui en persistant encore plus dans leurs mauvaises manières de faire. L’état de la société dans une grande mesure ainsi que le statut de quelqu’un qui s’efforce de faire le bien et d’empêcher le mal jouent un rôle fondamental quant au succès de ses reproches, à l’enseignement du message et l’élaboration des preuves.

L’histoire suivante illustre ceci :

L’esclave émancipée d’Abu Raham qui s’appelait ’Ubayd rapporta qu’Abu Hurayrah rencontra une femme qui était parfumée et qui se dirigeait vers la mosquée. Il lui demanda :

« O Esclave d’al-Jabar où vas-tu ? »

Elle répondit : « A la mosquée. »

Elle dit :

« Et tu as mis du parfum pour aller à la mosquée ? »

Elle répondit :

« Oui. »

Il dit :

« J’ai entendu le Messager d’Allah dire : ’ Si une femme se rend à la mosquée et se met du parfum, Allah n’acceptera pas ss prières tant qu’elle n’a pas fait le ghusl. »

Hadith rapporté par Ibn Majah, no. 4002 ; mais aussi dans Sahih In Majah, 2/367.

Selon Sahih Ibn Khuzaymah :

Un femme passa à côté de Abu Hurayrah et elle s’était beaucoup parfumée. Il lui demanda où elle allait de la sorte. Elle lui répondit qu’elle allait à la mosquée. Il lui demanda si elle avait mis du parfum, question à laquelle elle répondit par l’affirmative. C’est alors qu’il finit par lui dire :

« Rentre chez toi et fais le ghusl car j’ai entendu le Messager d’Allah dire qu’Allah n’accepte pas la prière d’un femme qui se rend à la mosquée avec une forte odeur de parfum jusqu’à ce qu’elle fasse le ghusl. »

Hadith sahih Ibn Khuzaymah, no. 1682. Dans sa note de page, al-Albani dit qu’il s’agit d’un hadith hasan. Il faut également voir al-Musnad, 2/246. Ahmad Chakir le classa comme sahih avec ce isnad classé dans al-Musnad, no. 7350.

Ne pas négliger la source même des erreurs en faveur d’une simple correction des symptômes de l’erreur.

Ne pas exagérer quant à l’erreur elle-même

Ne pas utiliser des positions extrêmes pour prouver que l’erreur s’est produite ou ne pas essayer d’admettre la culpabilité de celui qui la commet

Donner assez de temps pour corriger l’erreur en particulier pour quelqu’un qui a pris l’habitude de la faire quotidiennement. Il faut persévérer dans une attitude qui consiste à une surveillance, à ne pas cesser de donner des conseils et à apporter des corrections à l’erreur commise.

Ne pas donner l’impression à celui qui commet une erreur qu’il est votre ennemi car notre but dans la religion est de gagner l’amour des gens et non pas de marquer des points contre cette personne .

Ensuite nous nous engagerons dans une discussion qui repose sur les méthodes du Prophète quand il traite des erreurs des gens comme il a été noté dans les sahih ahadith par les savants.

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